La Grande course des templiers 2012

Préambule :

Le 8 mai 2011, je réalisais mes débuts en trail sur mes terres de la Matheysine, lors du premier trail Matheysin 20 km 1100md+. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. J’ai rencontré et intégré le Taillefer trail team, avec qui j’ai trouvé des copains d’entrainements, et de partage. J’ai réalisé des entrainements sérieux et réguliers, sous les conseils du frangin et d’autres très bon traileurs de la région. J’ai effectué des courses courtes distance, moyenne distance, pour apprendre et progresser dans cette néo discipline.

 Avec ma constante progression durant ces 17mois, mon gout pour  l’aventure et challenge personnel, j’ai décidé  de me rendre du coté de Miliau, pour réaliser la course la plus mythique en France, « La grande course des Templiers » .Par la même occasion, cette course me fera passer le cap de la course longue distance.

Initialement, j’aurais du me présenter sur cette course avec mon Frangin, finisher en 2009 à la 22eme place, alors que le top 10 lui tendait les bras avant une belle hypo sur  la fin. Puis mi septembre, un accident d’escalade le clou au lit pour 45 jrs. Templiers HS, quelle merde !! Avec  la naissance de ma fille Emmy, le 12 septembre, ces deux évènements,  font que je me rends aux Templiers avec une motivation de malade.

 

Voyage direction Miliau et veille de course

C’est avec  Xavier Font et Stephen Robin de Vienne, que je pars en camping car le vendredi aprem pour rejoindre Miliau. L’ambiance est top, ca rigole, les conneries fusent, ca annonce un bon week end. L’excitation est là le samedi. On fait monter la pression à Stephen qui part pour le marathon des Causses.

Stephen confiant

Stephen tendu 

 

Après le départ, Xavier et moi essayons de siester dans le camping car et de s’épreigner  de l’ambiance de l’évènement sur le salon du trail. Sur ce salon, je croise Kilian Jornet, Andy Symonds, le team  Salomon, Dawa Sherpa….JMG et Nono au stand Trail des passerelles du Monteynard. J’essais de ne pas bruler du jus dans le salon, et reste un maximum au calme dans le camping car.

 

La Grande Course des Templiers

Raconter une course de 72km et 3250md+ dans les détails, serait trop long. Je vais donc décrire les points marquants des différentes  parties du parcours.

 

Départ au Ravito 1 km 22 Peyrelaud

_ 3h15 réveil, petite collation, on sent la tension des jours de grande course. La nuit fut un peu agité par les rafales de vents et les giboulées de neige.  Les préparatifs sont de conséquences pour affronter le froid des Causses.

Guerrier Majewski

 

Echauffement pour se rendre au  départ. La tension monte, les frissons me gagnent lorsque la musique d’Era démarre « AMENO, AMENO », ca prend aux trips. On repense à toute la préparation, des images vous percutent l’esprit et décuplent votre force et motivation.

10, 5, 4, 3, 2,1 go, ca part vite, je suis le peloton et prends mon rythme à 165pulse. Je reste dans l’allure sans forcer, les sensations sont bonnes. Dans le premiers pétard de la monté très raide de Carbassas, je monte bon train. Bruno me rejoins, a ce moment là, je ne m’imagine pas que je vais faire un mano à mano avec lui toute la journée.

Sur le plateau je reste longtemps avec Bruno, nous filons bon train, on double pas mal de monde. Bruno part au train, moi je reste dans ma bulle à mon allure. Cette partie de nuit, où le froid, la pleine lune et les étoiles scintillantes, au milieu des Causses, rendent cet instant magique. Cette portion  est très roulante, jusqu'au levé du jour. Au petit matin, on quitte les pistes pour prendre un single qui descend dans un canyon sur Peyrelaud. Je vole dans la descente, je reprends plein de place, double Bruno, Sandra Martin, et arrive au ravito à la 180eme place. Quelle ambiance, c’est dingue. Je remplis mes gourdes, car je ne trouve pas Stephen qui devait faire mon assistance. Je perds du temps en le cherchant, a vouloir enlever ma frontale, mes gants, puis je me ravise, je fais n’importe quoi, je repars en ayant perdu 5min pour rien.

 

Peyrelaud / St André de Vézine /  Roque Saint Margueritte / Pierrefiche

Durant l’ascension après Peyrelaud, je reprends petit à petit les places et sur le plat je file au train rattrapant les premiers inconscients d’un départ trop rapide. Cette partie je ne la trouve pas top. À part la monté en single et le passage dans une ruine, le reste est très roulant, je ne suis pas bien fan, c’est un peu monotone. Je fais un mano a mano avec Bruno, on reste ensemble, puis il part, je le reprends, c’est marrant de se retrouver ensemble, alors que 2650 excités sont au départ de cette course. Les  KM défilent, le temps aussi, j’essais de bien me concentrer sur le cardio, l’hydratation, la prise de gels. Au ravito de St André de Vézine, je donne ma frontale a la maman des Giraud Brother, ouf. Je repars continuant à mon allure…je viens te chanter la balade, la balade d’un homme heureux.

Puis vient l’arrivé à l’arche de Roquesalte et les balcons au dessus du Tarn. C’est magnifique. J’ai la chance de reprendre Bruno a ce moment là, on fait ce passage du parcours ensemble, c’est impressionnant, on partage ce moment, c’est le pied !

Arrivé à la Roque Saint Margueritte, l’ambiance est toujours là, les gens t’encourage «  allez David «, t’as l’impression d’être  un champion lol. A partir de là, le parcours prend une autre dimension, en devenant de plus en plus technique.

Dans la monté sur Pierrefiche, je connais un coup de moins bien, je me fais doublé par 20 concurrents au moins. Je me dis que je ne suis qu’au 40eme km. Les doutes s’installent, les questions sur mon état de forme, ma capacité à tenir plus de 40km en course, me font broyer du noir. Un ami de notre Président Lamiricoré, me reconnaît et m’encourage. Puis je regarde mon bras, où j’avais inscris ces mots :

Emmy, Chérie, Famille, Frangin, Force, Abnégation, Volonté, Orgueil  Fierté, Majewski, TTT.

Je me remotive, quitte en finir en vrac, mais bat toi, tu le mérite. Je me répète ces mots en boucle, je m’alimente, me calme et repars vers Pierrefiche. Je redouble du monde, je reprends confiance.

 

Pierrefiche /Ferme de cade/ finish

Après un ravito rapide, je repars dans l’aventure et me cale au train derrière un groupe. Bruno s’étonne de me voir. Puis on file. Le groupe explose sur les balcons de la Dourbie. Ca devient vraiment du trail comme j’aime. Des monotraces tortueux, des dévers, des descentes techniques, des relances, des pétards, de la bombe. Ca devient usant, maintenant le mentale va jouer  le rôle principale.

Après une superbe partie le long de la Dourbie nous voila à 16km de la fin à Massebiau. L’ambiance est toujours présente. Je passe devant un gars qui me fait, « mais c’est le fils au Richard », euh oui, »j’ai joué avec ton père à Vizille, allez courage ». Bruno me largue dans la monté terrible. Je ne suis pas top, mais j’avance en répétant les mots, force, fierté, volonté. Je pense à ma fille, ma chérie, ......mon frangin cloué au lit. J’apprends que Nico Martin fait 4eme, ca me donne la banane, et file vers la ferme à Cade. Terrible ce ravito au milieu de la pampa. La chaleur des bénévoles redonne le sourire, ainsi que les tartines de pains d’épice au Roquefort.

Allez 8km et le challenge est réalisé.

Je pars double des gars, je reprends vraiment un mentale de guerrier. Dans une descente terrible je redouble devinez qui, mon Bruno. Il me repasse pour l’ultime monté vers l’antenne. Va-t-on faire une Lorblanchet, Breuil de 2011 ? C’est raide, Bruno donne le ton, on fait exploser un bon nombre de concurrents. Je m’accroche, me dépouille pour rester dans ses Lafuma. Dans le dernier ressaut, pour franchir le pas vers l’antenne, je me crois dans le petit Obiou. Je suis a 4 pattes, je m’envois comme un chamois en furie, je m’extirpe.

Je me retourne, Bruno à lâché, il me reste 4.5km de descente technique et la grotte du Hibou.

Je finirais bien avec Bruno mais, voila, je me dis que dans les descentes je suis meilleurs aujourd’hui, un belle place d’honneur est peut être envisageable, qui sait. Je pars pour un finsh de folie. Dans la descente je reprends des places. Les jambes sont plutôt bien, j’envois du gros. Grotte du Hibou, on y voit que dalle, mon tibia s’en souviendra.  Sortie de l’obscurité, je  replonge vers un grands finish. J’envois et dans les derniers hectomètres, alors que j’avais doublé un groupe de 4, je me refais doublé, par eux, surement dut a un finsh lancé trop tôt !! lol !!

Je franchis la ligne en 8h32, alors que je voulais faire 9h, donc plus qu’Heureux !

Arrivée

 

Résultat :

//www.vo2.fr/sarbacane/newsletters/templiers2012/TEM_Scratch.pdf

 

 

Pour Finir

Je prends la photo avec les TTT Giraud’s Brother, avec notre belle médaille. Me ravitaille avec Stephen et Xavier, avant de repartir décompresser au camping car et au Macdo où nous croisons la vainqueur Féminine Nuria Picas, comme quoi.

Cette course des templiers conclue une saison plus que réussite. Cette course très complète, pour traileur complet, a mis le doigt dur les points fort et points faible du traileur que je suis.

Points fort :

_ Mentale, calme et capacité à rebondir dans les passages à vides.

_ Descente et relance dans les monotraces.

_ Bon finisseur

Points faible

_ Partie roulante, piste, faux plat montant

_ Foulées peu  économique et efficaces par manque de concentration

_ Puissance en monté

Allez une bonne coupure en Novembre, en privilégiant, le repos, puis le repos du cœur en réalisant des sorties à l’envie et cool, puis reprendre l’entrainement sérieux en Décembre pour s’améliorer toujours et encore en 2013.

Mayou Finisher 2012 8h32



31/10/2012
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