Triathlon Longue Distance Alpe d’Huez 2012

Je suis rentré dans la légende

 

Intro :

Voila ma première petite saison de triathlon s’achève pour moi, ce 25 juillet 2012, avec la réalisation de l’objectif de la saison, être finisher du Triathlon longue distance de l’Alpe d’huez.

Ce pari a était décidé en stage de vélo en Espagne, lors d’une sortie de 200km et 2000md+. Ce triathlon me trottait dans la tête depuis que j’avais vu mon frère le réaliser, a coté des stars de la discipline.  Les multiples nationalités représentées, l’ambiance particulière du gros évènement à la sauce Neveu, qui attirent foule au bord du parcours, avec en bonus, la monté mythique de l’Alpe d’Huez, pour imiter les Armstrong, Pantani, Indurain….voila pourquoi j’avais envie de faire ce triathlon version LD et finir en beauté la parenthèse triathlon de la saison.

Je sais que pour un début en triathlon, s’attaquer à la longue distance et qui plus est, sur un des triathlons les plus exigeants du monde, n’est pas le meilleur apprentissage. Mais moi la performance, je m’en fou. J’ai attaqué ce sport a 29ans, je ne serais jamais un Marceau, un Maca, ou autres Del Corral et compagnie.  Alors mon but est de réaliser des défis, et  de les faires le mieux que je puisse, avec la forme et préparation du moment, ensuite le classement et le temps, ne sont que conséquences et anecdotes.

 

Préparation :

Ma préparation a connu d’entré au mois de mai une blessure. Une Grosse tendinite me clouant au repos course à pied, et a des sorties vélo de 2h max. Moi qui voulais faire du foncier sur des parcours montagnard, le départ fut loupé. Les travaux de l’appartement  n’étant pas terminés, j’ai décidé d’y mettre une claque avec mon équipe de choc, les futurs « papoutches » lol. A partir de fin mai début Juin, j’ai pu me remettre sérieusement au job, et je suis satisfaits du travail qui a était effectué. Je n’ai pas eu assez le temps, pour travailler un bloc  d’allures compétition, alors j’ai mixé le foncier nécessaire pour une telle épreuve, et le travail spécifique de montés de cols, force vélocité..ect

Cette préparation, n’est pas celle que j’espérais, mais devrait être suffisante  pour réaliser ce défi. Les sensations sont plutôt bonnes de partout, même en natation, ou j’arrive, a mon rythme, a tenir une traversé allé retour du lac de Pierre Châtel (2km) sans être fatigué. J’arrive donc au départ de ce triathlon confiant.

 

Mercredi 25 Juillet, Le Jour de Gloire est arrivé

Réveil 5h, j’ai bien dormis, pression légère, caca mi mou mi dur, ca va. Petit déj à base de café, pain d’épices, banane, riz au lait, jus d’orage. 6h ma logistique arrive en Peugeot Teppe. Je charge le matos que j’ai vérifié 6 fois hier, et 4 fois ce matin. 7h et quelques arrivé à l’Alpe d’ Hu, je place mes affaires course à pied, je suis le dossard 147, une lignée derrière les stars. Je prends mes repères et place mon sac vert fluo des balcons de l’Obiou. Ensuite descentes au lieu de départ natation, au barrage d’Allemont. Dernières vérifications du matos, du vélo, et je me rends au parc à vélo. Je croise Mathieu Brion, arbitre du jour, qui m’encourage. Je me place et attends un peu avant de me préparer. Olivier et Pierre Romanet du tri d’Echirolles, se placent a mes cotés. On rigole, on discute, cela me permet d’oublier le stress de la natation. L’heur tourne, sa commence à s’exciter dans le parc. On croise les stars, y’a la télé, c’est bon ca, je commence à me mettre vraiment dans la course. On enfile les combinaisons, et on part au bord de l’eau. Température entre 15 et 16°, YEPPPPPPPPPPPPPPPP ca caille comme on dit à la Mure. 50m d’échauffement pour atteindre l’autre rive. Au poirote moins de 10min dans l’eau et on se place au départ. Je me place au milieu, un peu loin des premiers, pour éviter les coups. La concentration est au max pour moi, alors qu’a mes cotés ca rigole en italiens, anglais, espagnoles, hollandais, ca commence à crier, a taper sur l’eau, le bruit devient sourds, je suis concentré sur moi-même, la respiration et profonde et lente.

 

Natation 2.2 km à 15.5° :

9h30, c’est parti pour une journée de sport. J’essais de nager en crawl, c’est une catastrophe. J’ai la respiration bloqué sous l’eau, le froid me bloque la poitrine. J’effectue 100m en brasse, je me dis « mais dans quelle galère tu t’es mis ». Ca passe autour de moi, je me calme, je me remets dedans et je pars en crawl. Je suis en fin de peloton avec ces conneries. Je remonte des places en me faufilant entre les nageurs. Je me dis qu’il y a pire que moi lol !

J’arrive plutôt bien à m’orienter pour passer les bouées. Je ne fais que quelques zigzags. Quand on approche des bouées, on attend taper, un bruit sourd se fait ressentir dans l’eau, c’est impressionnant. Je prends mon rythme de croisière, et prends confiance petit à petit. Après 51min à faire le poisson, je sors de l’eau et monte le mur pour rejoindre le parc à vélo. J’ai un peu la tete qui tourne, et une sensation un peu à l’ouest se fait ressentir.

 

Vélo 115km 3200md+ dont 3 cols :

Je reprends mes esprits. J’enlève tout le baroufle de natation, et le place dans le sac prévu. Je galère à mettre mon maillot de vélo avec le corps humide. La transition est nul, en refermant mon sac, la cordelette pète, ptain, je n’ai pas besoin de ca, je fais un nœud à l’arrache et part enfin sur le Mayou Bike. Les premiers kilomètres sont en phases descendantes. Malgré mon 50*12 (choix d’enlever le traditionnel 53) je remonte de nombreux pelotons. Je suis vraiment à l’aise, je n’appuis pas, et malgré ca je remonte les places. Je prends le temps de m’alimenter, une barre overstime accouplé a un gel.

Le premier col de l’alpe du grand serre, que je connais bien, se passe très bien. J’opte pour un braquet souple, je monte en tournant les jambes, le compteur annonce souvent une allure entre 15 et 16km/h et une vélocité de 75tr/min en moyenne. Je remonte une chié de places, je prends vraiment confiance. Au sommet je refais le plein, et fait la vidange par le bas lol ! Dans la vallée et les petits coups de cul en direction de Valbo, je gère toujours, je remonte quelques places. Au Ravito j’aperçois mon Mich, mais y’a tellement de bordel, pas de gourde d’eau, juste des bouteilles, je suis perturbé, je m’arrête, une bénévole me remplis une gourde à l’arrache. Pas de panique il fait chaud, mais au ravito du Perrier je ferais le plein. Je monte d’un cran à partir d’Entraingue, j’ai bien pris le temps de manger mes 2 pains au lait kiri jambon. Je monte le col d’Ornon  sur la plaque, je remonte des pelotons entiers. Sur les pentes douces, je suis à 22, 25km/h, ca monte bon train, impeccable. Dans les lacets, j’opte toujours par une monté en vélocité, en tournant les jambes. Je vois que beaucoup sont entamés physiquement.  Au sommet, je suis toujours frais, et ma mère me répète toujours la même chose, « gère », « va doucement », elle me fait rire ! Descente sérieuse, car dangereuse.  Je m’alimente une dernière fois en solide, barre + gel et j’oxygène à fond. Sur le plat avant l’ultime monté de l’alpe, je tourne les jambes, certains me double. Arrivé au pied du mur, j’ai une monté d’émotion. Je pense que je vais être bientôt papa, je pense a ma tante qui va renter dans un terrible combat, je me mets en trans, je sens  une force monter en moi, je suis en mode guerrier! Je monte cette alpe d’huez, je suis sur un petit rythme de 10/11km/h. Je monte au train, je garde des forces, car au sommet ce n’est pas fini, il faudra faire 22km à pied, alors je continu ma gestion de l’effort, mais appuis sur les pédales. C’est plus la chaleur qui commence à me fatiguer. Je suis surpris de résister autant a cette chaleur, car d’habitude, je suis bien plus scotché, je déteste ca. Je remonte toujours du monde dans cette monté. Je croise des loques, marchant à coté des vélos, allongés sur les murets dans les virages. Je double François, notre triathlète de saint Etienne, que j’avais connus en Espagne lors du stage. Il est HS. La monté est terrible par ses rampes en sortie d’épingles. Mais en mode guerrier ca passe. L’alpe d’Huez se rapproche, on voit les immeuble de plus en plus près c’est bon ca !! Nombreux étrangés vivent l’épreuve à fond, et m’encourage « go, go David » «  Fantastic David » « allez allez allez » !!!C’est trop bon !

J’arrive à la transition et le parc à vélo compte entre 150 et 200 biclous grosso merdo a vu d’aveugle. Je pose mon vélo, me change, afin de mettre un haut sec, la visière et les zoot ! Je bois une gourde d’eau, et c’est partie pour 22 km à pied et 450m de d+ env.

 

Course à pied, 22km  en route pour le finish

J’attaque, et a ma grande surprise les jambes sont fraiches. Une belle foulée me permet de doubler tout de suite des concurrents. J’ai de superbes sensations. Comme nous tournons sur une boucle de 7.5 3fois, nous croisons les stars et les potes, je vois Olivier qui a un tour d’avance sur moi, il a du faire une superbe course, génial ! Je suis dans mon train, et je vais assez vite, surtout dans les montés. Tous ce passe comme sur des roulettes. Dans les descentes je vole, l’habitude du trail en est pour quelque chose. Alors que d’autres ont mal, moi j’embraye sans difficulté. Je croise mes parents, j’ai le sourire, tout va bien, ca sent vraiment bon.

Dans le 2 eme tour, dans la portion montante en single track, où la chaleur est intense, d’un coup, coup d’arrêt. La foulée est lourde, la tête tourne un peu. Et merde, un coup de chaud derrière la nuque a frappé d’un coup, sans avertir. Je ne suis pas loin du ravito. Je me vide 5 gobelets sur la courge, je  bois beaucoup, et je repars. Le rythme en a pris un coup. Seules les descentes sont toujours pas mal. J’essais de tourner ma casquette selon l’orientation du soleil, et des que je peux je m’arrose. Je finis sur un rythme moyen, mais tout le monde a prient plus ou moins l’impact.

 

 

 

Dans la dernière descente je sens la délivrance, les crampes qui m’avaient épargnées jusqu'à là, se réveillent timidement avant l’entrée du stade, c’est fini, je m’en fou, je suis Finisher, yessssssiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Sur la ligne d’arrivée je lève  les bras au ciel, je suis heureux !! Je me permets un petit pas de moonwake sur la ligne d’arrivée après 8heurs d’efforts tout rond et une 143 eme place / 800 et quelques.

Les résultats: 

//sportcommunication.info/alpetriathlon/LD/classement_complet.php

 

 

FINISHER :


Je reçois mon grâle de FINISHER, m’alimente un peu et retrouve ma famille. La pression retombe, je m’allonge un moment. Je récupère mon bardât  à 18h et rentre à la maison dans le tepee. Une petite sieste dans la voiture, je retrouve mes esprits. Ca y’est c’est fait. Je raconte ma course. Les jambes ne sont pas courbaturés, ca va, ce n’était pas si terrible. Un trail de 30km est bien plus traumatisant qu’un triathlon LD.

Voila le lendemain, le réveil est heureux !  Je suis cool, stone. Je profite de cette journée du Jeudi, pour allé voir les amis se défoncer le cœur sur le CD. Je me fais un gros plat de pates aux morilles et noix dans la station, je peaufine mon bronzage au  soleil en me plaçant dans la monté. J’ai mon T Shirt Finisher, les gens me regarde, on sent un  « respect » lol ! Je reviens sur ma course en racontant mon aventure aux amis.

 

Retour sur ma course:



Je suis très satisfait de ma course, autant sur la stratégie, que sur la gestion. La natation, malgré un départ catastrophique, c’est plutôt bien passé. Je fais 51min, ce que j’avais pensé. Mon vélo quand à lui a été réalisé avec un peu trop de gestion. Je suis capable de passer facilement sous les 5h. Mais quand tu débarque sur ton 2eme tri et sur ton premier long, tu préfère en garder sous la pédale. Ca m’a fait une superbe expérience. Pour la course à pied, la préparation trail m’a superbement servit. Dommage que ce coup de chaud m’est  scotché l’allure, car j’étais parti vraiment vite, et une belle perf était envisageable. Ca fait parti du job.

Je n’ai aucun regret. Vu la préparation pour cette course et mon inexpérience, j’ai largement rempli  le contrat. Ca m’a donné envie de refaire du triathlon, et notamment cette course et le mythique Embrun.

 

Et après…

Je vais me laissé le temps de voir arriver ma fille au mois de Septembre, me préparer pour l’ultime défi de la saison, la grande course des Templiers fin  Octobre. La saison prochaine je vais m’orienter vers le trail. Après on va voir comment on s’organise avec l’arrivé de la p’tite Majewskez, et si je peux je referais ce triathlon.

Merci a tous ceux qui m’ont accompagné, soutenu,  entrainé avec moi, le défi est in the pocket

Mayou OVER the Alpe d’Huez!!!



30/07/2012
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